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de Poncelin Guyomarc’h, Jean et Sébastien

Cette famille a marqué Plougonvelin de son empreinte.

En effet, «  … la grève [de Poulizan] est partagée en deux par des éperons massifs ; à la partie ouest un autre éperon couronné d’une rare végétation se nomme Karreg Poncelin, Rocher de Poncelin. » [1]

« Guyomarc Pontcellin esquier sieur dudit lieu capitaine de la paroisse de Plouzané en l’an mil quatre cent septante deux et en cette qualité fut tué par les anglais en la dite année en les repoussant de la terre où ils étaient descendus en à Berthomme et le rocher où il fut tué s’appelle vulgairement et jusqu’à présent « carec Pontcellin », qui est pour faire voir que les seigneurs de Pontcellin ont été toujours bons vroys et fidèles serviteurs de leur prince et de leur pays » (AD29 103J119).

Cette famille, dont les armes sont : de gueules à deux fasces d’argent (ou trois pour Potier de Courcy [2]), est connue depuis Guyomarc’h (ou Guimarch’) qui paraît à une montre de Bertrand du Guesclin en 1371 [2] [3]. Je dois reconnaître ne point avoir trouvé le nom de Poncelin dans la liste des montres et revues effectuées par le connétable en cette année, toutefois comme il se trouve à Saint Mathieu en 1370 et en 1375, pour chasser l’Anglais, il dut enrôler localement. Nous sommes en pleine guerre de succession bretonne (en France c’est la guerre de Cent Ans) où s’affrontent les partis Montfort et Blois (français) … le premier gagnera sur le second … du Guesclin continuera sa carrière en France … le duc qui en ressort vainqueur est le fameux « an aotrou Yann en-dro » (le seigneur Jean est de retour) de la gwerz « An alarc’h » (le cygne) (dans le Barzaz Breiz de la Messelière et repris musicalement par Alan Stivell).

L’arrière petit-fils probable de Guyomarc’h, Tanguy est avocat à la cour de Saint-Renan, il épouse Azelice Courtois. En 1461, partagés avec Henri Courtois ils reçoivent la tierce partie du passage de Brest (ils doivent ainsi assurer le transbordement de Recouvrance au village de Brest … droit qui prendra de plus en plus d’importance et tombera dans le patrimoine de la famille de Cornouailles de Kerinou en Lambézellec). Ils sont les parents de notre Guyomarc’h, seigneur dudit lieu (manoir en Plouzané dont le lieu existe encore de nos jours, route de Ploumoguer).

Le chemin mène à une ferme ancienne et massive, une stèle de l’âge du fer surmontée d’une croix datée du XVI° siècle en marque l’entrée [4]
(cliché de l’auteur)

Celui-ci est à la garde du château de Trémazan en 1462. Il est présent au ban et arrière-ban de l’évêché de Léon à Lesneven en 1467. Il est receveur des ports et havres de Brest ce qui va avec le droit de passage évoqué ci-dessus. Enfin, il est capitaine de Plouzané, c’est d’ailleurs à ce titre qu’il vient s’opposer, avec la noblesse du pays, à une descente des Anglais et qu’il est tué au combat non loin de Bertheaume. Cette branche se fond, à la fin du XVI° siècle, dans la famille de Touronce, puis deux générations après dans celle de Kersauson. La branche de Kerbrouen, manoir de Ploumoguer, se perpétue jusqu’au début du XVIII° siècle. Toutefois d’autres membres de la famille, sans que nous puissions les situer dans la généalogie familiale font parler d’eux.

La maison des seigneurs au Conquet
(cliché de l’auteur)

Jean construit la « maison des seigneurs » [5] au Conquet en 1510, encore à l’époque dans la paroisse de Plougonvelin. S’agit-il de ce Jehan, mineur, fils de Jehan, représenté à la montre* de Lesneven en 1481, par Jehan Malegan, en brigandine, armé d’une vouge ? Isabeau, mineure, et Aliz y sont déclarées absentes et à celle de 1503, cette famille n’est plus représentée pour Plougonvelin.

Cependant, Sébastien est dit capitaine de la paroisse de Plougonvelin. Il réside au manoir du Poulyot. Il est présent à la montre de Saint-Renan en 1557. L’année suivante un débarquement d’anglo-hollandais a lieu simultanément dans la baie des Blancs-Sablons (presqu’île de Kermorvan) et dans celle des Longs-Sablons (Trez-Hir, baie de Bertheaume). Guillaume du Chastel, seigneur de Kersimon et quelques autres parviennent à les repousser à la mer … mais ceux-ci ont le temps de brûler plus de 220 maisons sur la paroisse de Plougonvelin, détruire la « ville » de Saint-Mathieu et bien sûr saccager l’abbaye … il ne reste au Conquet que la maison des Seigneurs.

Sébastien déplore, en son manoir du Poulyot, la perte « tant en maisons qu’en meubles, tapisseries, vaisselles d’or et d’argent, artilleries et munitions de guerre, la valeur de 12 500 livres » [6]. Ce qui en fait le plus impacté dans cette affaire qui fait que la paroisse de Plougonvelin est exemptée d’impôt plusieurs années.
Le manoir si riche du Poulyot fut-il reconstruit ? Il reste une vieille et massive ferme, à l’entrée du bourg de Plougonvelin, dont le seul élément remarquable est un cadran solaire daté de l’an VIII … les seigneurs n’avaient alors plus la parole !

Lexique

-  gueules : rouge
-  argent : blanc
- montres, revues : assemblée, souvent par paroisse, de nobles en arme sur convocation du suzerain ; elles sont l’occasion de recenser les effectifs, de constater l’état de l’armement et parfois de connaître les revenus de chacun.
- ban et arrière-ban : lorsqu’un seigneur faisait crier le ’ban’ (pris dans son ancien sens de ’proclamation’) pour enjoindre à tous les nobles qui lui devaient obéissance de prendre les armes et de se regrouper avec lui, il convoquait alors le « ban », c’est-à-dire les vassaux directs, et l ’ « arrière-ban » (les vassaux des vassaux, ou les arrière-vassaux). Le mot ’arrière-ban’ viendrait d’une déformation du francique ’hariban’ (convocation à l’armée des hommes libres en état de porter les armes) qui aurait ensuite été altéré.
- brigandine : La brigandine est une armure constituée de plaques rivetées sur du cuir ou du tissu épais, fournissant une excellente protection pour une armure peu onéreuse et simple à fabriquer
- vouge : la ou le vouge (ou voulge, ou couteau de brèche) est une arme métallique d’hast médiévale de pique (pointe) et d’estoc (partie coupante) utilisée par les fantassins.


[1] ouvrage collectif - Littoral d’Iroise, en Plougonvelin – association PHASE – Imp. Le Grand – Brest 2005 – page 37

[2] POTIER de COURCY Pol – Nobiliaire et armorial de Bretagne – tome II – Joseph Floch imprimeur-éditeur – Mayenne – 1976 (réédition)

[3] HAY du CHATELET Paul – Histoire de Bertrand du Guesclin connestable de France et des royaumes de Léon, …composée par messire P.H. seigneur D.C. – Jean Guignard fils- Paris – 1666

[4] CASTEL Yves pascal – Atlas des croix et calvaires du Finistère – Société archéologique du Finistère – Quimper - 1980

[5] J.P. Clochon

[6] MORICE dom Hyacinthe – Mémoires pour servir de preuves à l’histoire ecclésiastique et civile de Bretagne – Charles Osmont, imprimeur – Paris – 1742

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