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Les robes de mariées à travers le XXème siècle

Gai... Gai... Marions nous ! C’est le titre, d’un article précédant qui nous menait jusqu’au temps des fiançailles, préparation au mariage.
Comme annoncé alors, voyons l’évolution de la robe de la mariée, mais aussi celle de la tenue du marié, qui ont accompagné les changements intervenus dans notre Penn ar Bed au cours du 20ème siècle.

Pour PHASE, M.-L. Cloître et B. Le Rû

Vous avez dit : « La Mariée » ! A peine ce mot prononcé, notre imaginaire nous renvoie pléthore d’images. Et quelle petite fille ne s’est projetée dans l’avenir en ravissante mariée parée de sa somptueuse robe blanche.
Mais, savez-vous que celle-ci n’a pas toujours été blanche. Ce n’est qu’au siècle dernier que cette tradition se met en place. Laissons parler Danièle Daniélou de la Société de l’histoire du costume : « A l’époque romaine, la jeune mariée portait tunique blanche, manteau safran et voile de couleur orangé maintenu par une couronne de feuilles de myrte auxquelles étaient mêlées des fleurs d’oranger. Sous la royauté, le blanc symbolisait la couleur du deuil des Reines de France et les paysans dans les veillées parlaient volontiers de ces fameuses « Dames Blanches » qui hantaient les châteaux. Dès lors, il n’était pas question de s’habiller en blanc pour se marier. Ce n’est qu’après la révolution, au XIXème siècle que le blanc, symbole de la pureté, s’affirme définitivement comme tenue de mariage.

Parallèlement, le jour du mariage devenait l’évènement familial et mondain que chaque famille, selon ses moyens, s’évertuait à rendre inoubliable. Malgré tout un fossé se creusait entre les différentes classes plus ou moins fortunées de la société ». Cette différenciation était aussi perceptible chez nous en Bretagne, à Plougonvelin. Les tenues des citadines et des rurales n’étaient pas les mêmes comme nous le constatons sur les documents de l’époque. Ces photographies, dont les tiroirs de nos commodes regorgent, sont pour nous de pieux souvenirs, ils risquent peu à peu de s’estomper si nous n’y prenons garde. Pour transmettre ce précieux patrimoine, trace de notre passé, nous avons essayé de regarder avec un oeil neuf ces visages d’autrefois. Les identités retrouvées, c’est la beauté des toilettes qui nous a fasciné. Arrêtons-nous, aujourd’hui, à la robe de mariée à travers le siècle dernier.

Ces photos représentent des couples bien de chez nous, puisqu’elles font partie de nos collections familiales, il s’agit donc des quatre générations : grand’mères, mères, nous-mêmes, nos filles.(Cliquez pour agrandir) image

A la fin du XIXème et jusqu’aux environs de 1905,
- un jupon en tissu épais, genre drap, bleu,
- une jupe en mérinos noir avec du tour et des franges cousues à l’intérieur et que l’on laissait dépasser un peu dans le bas,
- par-dessus, un tablier noir,
- sur les épaules un châle assez épais, uni ou bordé de rangées de crêpe noir,
- sur la tête une coiffe en tissu assez épais, composent la tenue de la mariée.

A partir de 1905 et jusqu’en 1915 environ, les jupes sont plus souvent en soie épaisse, mais les mariées portent parfois une robe longue, noire, en crêpe de Chine.
La famille achetait le tissu et la jupe ou la robe était faite sur mesure, soit par la famille, soit par une couturière locale. Le tissu du tablier est en velours ou en satin noir, cependant certaines le préfèrent en soie brochée de couleur dominante crème, blanc, vert amande, ou marron clair... garni d’un galon de soie ou de dentelle tout autour ainsi que sur les deux poches. Le châle est en satin noir brodé avec de longues franges aux brins très fins ou, plus apprécié à l’époque, le châle tapis, porté uniquement pour le mariage. Les mariés s’en servaient ensuite chez eux pour recouvrir une table ou un guéridon. Il arrivait aussi que, par la suite, elles le prêtent à d’autres futures mariées. Mais beaucoup de familles l’achetaient pour la cérémonie. Parfois une longue chaînette, en métal plus ou moins précieux, un sautoir, descendait jusqu’au tablier et remontait cacher une petite montre. Pour compléter la tenue, la mariée portait une coiffe brodée qui laissait rarement voir les cheveux sauf pour quelques coquettes jeunettes. Car, selon Marie-Ange Lannuzel, plus on était jeune plus on laissait apparaître les cheveux et inversement, plus on avançait en âge, plus la coiffe descendait bas sur le front (mieux valait ne pas attendre trop tard pour convoler). Les chaussures, noires, étaient à petits talons.

Société de l’histoire du costume : « A l’époque romaine, la jeune mariée portait tunique blanche, manteau safran et voile de couleur orangé maintenu par une couronne de feuilles de myrte auxquelles étaient mêlées des fleurs d’oranger. Sous la royauté, le blanc symbolisait la couleur du deuil des Reines de France et les paysans dans les veillées parlaient volontiers de ces fameuses « Dames Blanches » qui hantaient les châteaux. Dès lors, il n’était pas question de s’habiller en blanc pour se marier. Ce n’est qu’après la révolution, au XIXème siècle que le blanc, symbole de la pureté, s’affirme définitivement comme tenue de mariage.

Parallèlement, le jour du mariage devenait l’évènement familial et mondain que chaque famille, selon ses moyens, s’évertuait à rendre inoubliable. Malgré tout un fossé se creusait entre les différentes classes plus ou moins fortunées de la société ». Cette différenciation était aussi perceptible chez nous en Bretagne, à Plougonvelin. Les tenues des citadines et des rurales n’étaient pas les mêmes comme nous le constatons sur les documents de l’époque. Ces photographies, dont les tiroirs de nos commodes regorgent, sont pour nous de pieux souvenirs, ils risquent peu à peu de s’estomper si nous n’y prenons garde. Pour transmettre ce précieux patrimoine, trace de notre passé, nous avons essayé de regarder avec un oeil neuf ces visages d’autrefois. Les identités retrouvées, c’est la beauté des toilettes qui nous a fasciné. Arrêtons-nous, aujourd’hui, à la robe de mariée à travers le siècle dernier.

En 1908, notre aïeule, à notre grand étonnement, était vêtue de couleurs vives. Sa coiffe blanche, toute simple, typique du pays, lui enserrait la tête et cachait modestement la totalité des cheveux. Sur ses épaules, un « châle tapis », aux savants motifs entrelacés, était froncé à l’arrière de la nuque et se croisait par devant au niveau de la taille. Un tablier de couleur plus claire, aux plis bien marqués au fer, et noué à l’arrière, était fixé au niveau de la poitrine par deux épingles ; cette partie haute du tablier se nommait « ar pateled ». Sa jupe sombre semblait épaisse et lui cachait les chevilles.(Cliquez pour agrandir) image

Toutes ces épaisseurs qui élargissaient sa silhouette devaient sûrement être pesantes et même étouffantes certains jours d’été.
Sur les photos on remarque les gants blancs et parfois, mais rarement au début du siècle, le bouquet de la mariée. Ces accessoires sont prêtés par le photographe pour la photo.
Pour la cérémonie, le marié s’achetait un costume noir, trois pièces, avec revers en soie, souvent chez Madame Le Rest à Plouvien ou parfois à Brest. Une chemise blanche en coton, plissée sur le devant, au col cassé et un noeud papillon pratiquement toujours blanc, complétaient la tenue. Accrochée au « Jiletenn » (gilet), une chaînette, en métal précieux ou pas, retenait une montre à gousset. Le costume du marié, auquel s’ajoutait une ceinture en tissu large posé sur la taille, et la robe ou la jupe de la mariée étaient ensuite portés pour les grandes cérémonies : mariages, pardons, et parfois aussi le dimanche à l’occasion des grandes fêtes religieuses.

Entre 1915 et 1925, les costumes ne varient pas beaucoup sinon, pour le marié, l’apparition de rares cravates au lieu du noeud papillon et le petit bouquet de fleurs d’oranger (rappelant celui de la mariée) sur le revers gauche de la veste.
Pour la mariée, le châle était plus fin en satin noir brodé ton sur ton et aux franges fines et plus rarement peut-être le châle tapis. Le tablier lui, était toujours noir mais parfois brodé avec du fil de soie de couleur blanche ou aux tons pastels. (Cliquez pour agrandir)
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Globe sous lequel la guirlande de la mariée était exposée.

Ces tabliers et châles brodés étaient achetés tandis que la robe ou la jupe étaient toujours confectionnés localement.
Accrochée, du côté gauche du tablier en général, une guirlande de fleurs d’oranger.
Il s’agit d’un bouquet de guirlandes de fleurs tombantes, longues, réalisées entièrement de fils métalliques, recouvertes de tissu blanc, de fleurettes et de feuilles en cire blanche et quelquefois de perles de couleur. Cette guirlande réservée à la mariée est conservée après le mariage, parfois exposée sur le vaisselier, dans un globe.

De 1925 à 1935, on remarque le raccourcissement de la robe de la mariée, laissant voir bas et chaussures noires, vernies. Apparaissent également les tabliers, soit blancs en satin ou en tulle brodé ton sur ton, soit de couleur pastel : vert d’eau, rose pâle... Ils sont brodés et festonnés de fils de soie de couleur et de perles. Le châle tapis (il sera ensuite réutilisé pour la décoration de la maison) et le châle noir ou de couleur, brodé, se partagent les faveurs des mariées. Un bouquet ou une petite gerbe de fleurs finit d’agrémenter la toilette. La corbeille, visible sur les photos, est prêtée par le photographe. image

Les hommes portent un costume de ville ou un uniforme, selon leur profession.
En ville, la tenue toute blanche s’impose déjà pour la mariée : robe trois-quarts, long voile en tulle, avec traîne ; il descendait sur le front à la manière d’une coiffe ; bas et chaussures s’harmonisaient avec la toilette.
A la campagne, cet ensemble immaculé ainsi que le diadème sont adoptés à partir de 1935/1940. Il est agrémenté de fleurs naturelles : une grande gerbe qui se prolonge par une guirlande de fleurs tombantes mêlées à de l’asparagus et une corbeille qui suit la mariée.

Pendant la guerre les familles ne trouvant pas le tissu nécessaire à la confection de la robe, la mariée portait un tailleur sombre avec chemisier et gants blancs, un oeillet ou une rose ornant la boutonnière de la veste.

Pendant la guerre
Aux environs de 1945, châle, tablier et coiffe ont totalement disparu. Le marié porte un costume de ville avec chemise blanche à col cassé, mais le nœud papillon a viré du blanc au noir et on commence à voir aussi des chemises à cravate. La tenue militaire se maintient. A partir des années 1950, l’influence de la haute couture qui impose la mode se fait sentir même dans nos campagnes. On commence à voir des tailles très marquées, des épaules carrées, des jupes amples avec traînes. Les tissus sont variés : plus légers, plus vaporeux, les synthétiques font leur apparition. image

Le long voile n’est plus maintenu par un diadème mais souvent par deux fleurs blanches, oeillets ou autres, piqués de part et d’autre ou à l’arrière de la coiffure. Le bouquet et la corbeille de fleurs naturelles : arums, oeillets, roses et asparagus, se font plus importants.

Dans les années 1960/1970, on semble revenir à plus de simplicité : les jupes perdent de l’ampleur, le tissu devient un peu plus lourd et des petites fleurs en tissu ou des boutons recouverts agrémentent les robes. Le voile lui-même, parfois beaucoup plus court, est retenu par un simple bandeau ou des fleurs piquées dans les cheveux. Le bouquet aussi s’allège et on y voit souvent des lis et des roses légèrement colorées.

De 1970 à 1990, petit à petit les bras de nos mariées et parfois même les épaules se dénudent et l’on voit apparaître les capelines ou autres chapeaux. Le voile a tendance à disparaître complètement. Dans le bouquet et la corbeille on remarque de plus en plus de fleurs colorées mélangées aux fleurs blanches.

Au cours de la dernière décennie du siècle, épaules nues et décolletés plus plongeants se généralisent. Par décence, au moins pour la cérémonie religieuse, certaines mariées portent une écharpe légère. La couleur de la robe n’est plus d’un blanc immaculé mais peut être de couleur grège ou bis, agrémentée de fleurs colorées et de petites feuilles. image

Nous l’avons vu, la robe de mariée à travers le siècle a beaucoup évolué. L’avenir nous réserve peut-être encore de grandes surprises. Ne voit-on pas déjà des robes à couleurs voyantes rouges ou autres, et marquées par de nouvelles modes et technologies.

Avec tous nos remerciements à Marie-Ange Lannuzel, notre doyenne de 94 ans, dont les renseignements nous ont été très utiles pour la rédaction de ce document, surtout pour la première moitié du siècle.

Publié dans les Echos de Plougonvelin de novembre 2008

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