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L’appel du 18 juin 1940, le témoignage d’un Plougonvelinois

A l’occasion du 70ème anniversaire de l’appel du général De Gaulle , la question a été posée sur la situation à Plougonvelin et l’effervescence qui devait régner alors. Un témoignage a été recueilli par Monsieur Henri Cloître, auprès de l’un de nos concitoyens, Monsieur René Pellen .

«  Le 18 juin 1940 ? Nous avons quitté Brest. Les écoles sont fermées. Les Allemands ne vont pas tarder à arriver. Le bac est décalé à une date ultérieure. Nous avons retrouvé la maison de campagne au Trez-Hir, ma grand-mère, ma mère, mes deux sœurs, mon frère et moi.

Dans la soirée tout s’est agité. Nous n’avons pas entendu l’appel de De Gaulle pour la bonne raison que nous n’avons pas la T.S.F. Par contre, des amis sont venus pour nous prévenir que des bateaux partaient de Brest ou du Conquet à destination de l’Angleterre et qu’il y aurait également une possibilité d’en rejoindre au large de la plage.

Quand nous descendons à la plage, il fait nuit. Nous reconnaissons des jeunes, âgés entre 19 et 20 ans, qui vont partir. Effectivement, ils montent dans de petits bateaux pour rejoindre le navire qui va partir, que l’on aperçoit tant bien que mal dans l’ombre. Ma mère que je sollicite pour partir avec les autres me répond que je n’ai pas encore 16 ans et que pour l’instant un seul suffit, car mon frère qui a 19 ans est déjà dans une embarcation.

Avec une de mes sœurs, je fonce chez un camarade, Yves Guéna . Il aura 18 ans en juillet et veut peut-être partir. Quand nous arrivons chez lui, il nous indique qu’en fait il a prévu de partir du Conquet, le lendemain, avec son oncle Gourtay , ce qu’il fait effectivement.

Par la suite, nous n’aurons des nouvelles qu’à la mi-juillet par l’intermédiaire d’un des jeunes, revenu d’Angleterre et qui a une lettre de mon frère. Après leur arrivée en Angleterre, ils ont été parqués sur un champ de course, à Aintree, près de Liverpool. A cet endroit et à la suite des incidents de Mers-el-Kébir, un officier de marine a fait une propagande très forte pour le retour de ces jeunes en France. Il a été persuasif car un certain nombre des embarqués du 18 juin, rentrent en France mi-juillet. La plupart d’entre eux regretteront par la suite, d’avoir effectué ce retour.

D’après la lettre reçue, nous apprenons que sont restés en Angleterre pour intégrer les Forces Française Libres, au moins :
-  Christian Guermeur , qui intègre la Royal Navy,
-  Georges Eggert ,
-  Yves Guéna ,
-  Joseph Pellen , mon frère,
-  Charles Le Goasguen , qui n’était pas sur la plage du Trez Hir et est parti du Conquet,
- Monsieur Philippe, un militaire de plus de 45 ans qui, lui, a du partir de Brest.

Nous n’aurons par la suite, plus de nouvelles directes de mon frère jusqu’à son retour après la Libération, si ce n’est à une ou deux reprises, la confirmation qu’il était encore en vie, ainsi qu’ Yves Guéna . Ces renseignements étaient donnés par la Croix Rouge via Madame Baclet , de Grenoble en zone non occupée, mère d’amis de notre bande de vacances qui réussit à avoir ces contacts.

Que sont-ils devenus ? Si nous ne savons rien concernant Georges Eggert , nous avons eu des contacts avec Christian Guermeur à son retour. Yves Guéna et Charles Le Goasguen , eux, ont eu des parcours parallèles sous les ordres du général Koenig , participant aux expéditions dans la région de Bir-Hakeim et El Alamein. Ils seront affectés ensuite au régiment de Spahis de la Division Leclerc, Yves Guéna comme lieutenant, Charles Le Goasguen , comme capitaine.

Yves Guéna , après la guerre, rentre à l’E.N.A. Il a été contrôleur civil au Maroc, puis plus tard consul en Côte d’Ivoire avant de rentrer dans le « brain-trust » de Michel Debré pour la rédaction de la Constitution de 1958 et d’effectuer la carrière que l’on connaît comme parlementaire en Dordogne, ministre, et enfin président du Conseil Constitutionnel. Il aime à revenir dans notre région et a été particulièrement heureux de présider, récemment, l’une des commémorations annuelles au Mémorial National des Marins morts pour la France, à Saint Mathieu. Il a eu 88 ans en juillet dernier.

Charles Le Goasguen est compagnon de la Libération. Avocat à Brest, il a été député du Finistère. Décédé en 1995, il est inhumé au cimetière de Plougonvelin.

Joseph Pellen , mon frère, a participé à la remontée du Tchad avec la colonne Leclerc, puis il est intégré à la Division Leclerc dans le régiment de marche du Tchad. Décédé en 1990, il est inhumé au cimetière de Plougastel.

Monsieur Philippe avait deux fils qui ont fait tous les deux Saint Cyr. L’aîné, Emile , jeune lieutenant est mort pour la France à Kairouan (Tunisie) en 1943. Le second, Marcel , général de la Légion Etrangère, a combattu à Dien-Bien-Phu puis en Algérie. Il est inhumé au cimetière de Plougonvelin. »

Voilà qui touche à des souvenirs concernant le 18 juin 1940. Bien sûr, sont à raconter aussi les jours sombres de l’occupation … mais cela est une autre histoire … 70 ans déjà ! Nos quêteurs de mémoire sont sur la piste, réservez-leur le meilleur accueil …

pour P.H.A.S.E., Rémy le Martret, président

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Hervé de Portzmoguer et Marie la Cordelière

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