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L’arrivée des Allemands à Plougonvelin en 1940

70ème anniversaire

Dans le cadre du souvenir qui touche à la période de la guerre 1939-1945, je souhaite voir paraître, sous ce titre, le témoignage de Plougonvelinoise et Plougonvelinois, de souche ou occasionnels, qui ont vécu, ici, ces évènements. Nous nous attacherons tout au long des prochaines années à suivre au mieux la chronologie des évènements. Des équipes de P.H.A.S.E. se déplaceront pour recueillir auprès des plus anciens d’entre nous leurs souvenirs d’ensemble et, dans un premier temps, plus particulièrement sur ce sujet.

Voici, de madame Bernugat, des extraits du Souvenir d’un passé très lointain :

« Au milieu des années trente, j’étais encore trop jeune pour percevoir et surtout m’inquiéter de ces menaces, à peine murmurées, qui ont précédé le déclenchement de la seconde guerre mondiale.

Je vivais au Conquet avec mes grands-parents et mes parents, dans une « venelle » très calme, appelée le Streat- Hir. J’allais sagement à l’école des Soeurs, l’école Saint Joseph. Mon grand père Jean et ma grand’ mère Angèle cultivaient nos deux petits jardins, ma mère Jeanne cousait à domicile et mon père Pierre, récemment promu second-maître [se] rendait souvent en vélo… vers la batterie des Rospects près de Saint Mathieu, gérée par Toulbroc’h…

La batterie était armée de pièces d’artillerie, trois au moins, une artillerie lourde, je ne m’en approchais jamais car les canons m’impressionnaient. En ces années là mon père y faisait de fréquents séjours, il était de service le dimanche, très souvent, il lui arrivait de remplacer le gardien durant les vacances… nous allions le rejoindre avec ma mère, je trouvais la route un peu longue, la fin du parcours se faisait à travers champs jusqu’à la route Saint Mathieu-Plougonvelin où il y avait une sorte de petite maison qui abritait le projecteur censé détecter les avions ennemis, j’étais heureuse d’arriver à la batterie, c’était la liberté, l’espace, je cueillais des pâquerettes, des renoncules, de la centaurée, j’oubliais la fatigue de la route, je découvrais les grands espaces…

Les bâtiments de la batterie étaient modestes, … poste du factionnaire … maison du gardien, de facture récente pour l’époque, une façade côté mer, de larges fenêtres, plus loin une grande baraque en bois, de couleur sombre, je l’appelais la « baraque noire », elle abritait la cuisine et une autre pièce de rangement sans doute. En réalité, le chemin venant de la barrière menait à la grève en bas, passant devant la maison du gardien, la baraque noire, ensuite, sur la droite toujours une grande butte de terre et surplombant la grève du Vaéré un bâtiment en longueur, d’un étage si mes souvenirs sont bons et qui devaient servir d’hébergement pour les marins, je le trouvais triste ce bâtiment tout en ciment. La petite anse du Vaéré était calme, vu qu’elle était en terrain militaire, ce n’était pas une plage mais les cailloux cachaient des bigorneaux.

Café Vaéré

Face à la crique, se détachait, seule sur la verdure et un peu en hauteur la maison de Madame Gilet, une brave vieille dame, en coiffe, vêtue de noir comme les paysannes du pays, elle tenait là un débit de boissons, je revois la pancarte apposée sur la modeste maison, avait-elle une modeste retraite et vivait-elle de ce petit commerce en complément ? Elle était d’une grande gentillesse, les marins s’y rendaient sûrement mais quelle solitude au milieu de nulle part, l’océan déchaîné parfois, qu’est-elle devenue aussi Madame Gilet dans la tourmente qui a suivi ?

Le premier gardien que j’ai connu très peu et dont je ne me souviens que vaguement était le maître principal Calvez. Je me souviens mieux de son épouse, une petite femme fluette au chignon impeccable, très douce, elle m’avait rapporté de Lourdes une petite médaille en émail bleu que j’ai longtemps portée. Mr et Mme Calvez étaient Brestois il me semble. Je me souviens beaucoup mieux de Pierre le Breton qui était gardien titulaire, il habitait sur la batterie avec son épouse Louise et leurs deux fils Louis et Yves ….

Les hommes de la batterie des Rospects ont dû, je pense, quitter la batterie le 17 juin 1940 après avoir saboté les pièces d’artillerie et tout le matériel, ils auraient d’après une revue que j’ai lue, quitté les lieux à pieds pour se rendre à la plage de Bertheaume d’où ils ont embarqué pour l’Angleterre, à la hâte car l’occupant était à nos portes. Le 19 ou le 20 juin, dans l’après-midi, je suis allée avec ma mère récupérer le vélo que mon père avait confié à un fermier, à la ferme de Kerautret, à notre retour, à hauteur du cimetière de Lochrist, nous avons vu venir au loin des side-car et des hommes en uniformes allemands, nous nous sommes plaquées contre les fusains à l’intérieur et nous les avons entendu passer, c’était le début de l’occupation et cela allait durer quatre années.

Les Rospects après la guerre ont été très longtemps « terrain militaire » et le lieu interdit ; je disais à mes enfants que j’avais beaucoup de souvenirs en ces lieux clôturés il y a si longtemps … j’ai essayé de renouer les fils, à défaut d’être parfait, ce sera authentique. »

Rémy Le Martret, président de PHASE

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