Gabriel Petton (1889-1955)


Un garde champêtre de tous les dangers …


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"Biel" Patton

Gabriel Petton, communément appelé « Biel  » voit le jour le 30 juillet 1889 à Plouarzel à Kervern où ses parents exploitaient une ferme. Puis, ceux-ci se sont installés à la ferme de Traon-Kervan à Trébabu. Son père, Pierre Petton est né le 2 juillet 1848 à Plouarzel et décédé le 06 avril 1913 à Trébabu. Sa mère, Marie-Claudine Kérébel, est née le 05 mai 1850 et décédée le09 août 1922 à Trébabu.

Très jeune, à 18 ans, Biel s’engage dans l’armée. Il est nommé dans l’artillerie coloniale. Il voyage donc beaucoup notamment en Cochinchine (Vietnam actuel), au Maroc et dans bien d’autres colonies françaises. Il revient en France pour faire la guerre 1914/18.

En 1922, il prend sa retraite de l’armée. Il se marie le 11 juin 1922 avec Françoise Gouriou de Kéryel en Plougonvelin, née en ce lieu le 18 juin 1895. Ils auront quatre enfants : François, Charles, Eugénie et Yvonne. Des quatre, seule Eugènie, veuve de Yves Hall est encore en vie et habite Brest. Le couple vient s’installer à Plougonvelin au lieu-dit Poulyot où ils construisent leur maison.

Gabriel trouve un emploi de garde-champêtre sur la commune. Il est à la disposition de la mairie, ce qui lui fait parcourir toute la commune en vélo. Il a, entre autre en charge la sécurité et l’information des habitants. Mais à l’époque, où les moyens de communication et les médias ne sont pas ceux d’aujourd’hui, c’est bien debout sur le socle d’une ancienne croix, située dans le cimetière autour de l’église, que les avis municipaux de la semaine sont diffusés à la population, le dimanche matin après la messe. Et, attention, comme on se trouve sur le parvis de l’église, les paroles de Biel sont reçues comme des paroles d’évangile.

Il est également chargé du cimetière, il doit creuser les tombes en cas de décès et aider à descendre les corps à l’issue de la cérémonie d’obsèques.

En 1940, les Allemands envahissent la France et par la suite arrivent aussi à Plougonvelin. Leurs exigences sont nombreuses. Ils ont, en particulier, besoin de personnel et de charrettes avec chevaux pour leurs différents travaux. Très souvent, Biel est sollicité par la mairie pour trouver les personnes et matériels nécessaires. Il enfourche vite fait son vélo et parcourt la commune, car les Allemands demandent la mise à disposition rapidement, parfois pour le lendemain.
Sa tâche est difficile car les paysans sont souvent occupés à leurs tâches et il lui faut faire preuve de persuasion et parfois d’autorité pour arriver à ses fins. Biel Petton est donc le messager du maire auprès des agriculteurs. Il est l’annonciateur du genre de corvée, des jours, des heures et du lieu qui échoient à chacun. Il le fait avec tact.
« Tâcher moyen » est pour lui le principe de base de tout arrangement pour faire passer la pilule. « Moutardier  » (allusion au verre à moutarde) est le terme qui désigne, dans son langage, l’interlocuteur qui lui a offert le coup de pinard scellant son accord.
On voit bien que dans cette période difficile, il est le bras droit efficace du maire de l’époque Henri Le Goasguen.

1944 voit l’arrivée des Américains mais la délivrance n’est pas immédiate et les combats acharnés continuent. Les bombes et les éclats d’obus tombent sur la population. Biel est partout au secours des blessés et des accidentés en tous genres (dont sa sœur). Il doit aussi contribuer à ensevelir tous les morts.

Dans les années 1950, il prend sa retraite et décède le 18 mars 1955. Il est enterré dans l’ancien cimetière de Plougonvelin. Le 17 octobre 1973, son épouse décède à son tour et est enterrée dans la première tombe du nouveau cimetière. Biel sera exhumé pour venir la rejoindre.

Homme dévoué et de dialogue, Biel aura eu une vie riche de par ses voyages et ses nombreux contacts.

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