La tragédie du “Glaneur”

Le 30 décembre 1808, le sloop “Le Glaneur” appareille de Brest vers 10 heures du matin pour Le Conquet, chargé d’huile destinée au fanal de Saint-Mathieu.

Vers 7 heures du soir, il arrive sous le fort de Bertheaume ; le capitaine du bateau met son canot à l’eau et se présente à la batterie Augereau (Creac’h Meur) pour faire connaître sa mission.

Pendant ce temps les deux marins à bord, “hélés ” par le commandant du Fort de Bertheaume répondent : « Français, allant de Brest au Conquet ». Le commandant du Fort leur réplique : « Accoste ou je te coule », et au même instant tire un coup de canon.

Une ordonnance est envoyée à Bertheaume pour faire cesser le feu ; mais le commandant ne l’écoute pas, pas plus que la seconde ordonnance, à qui il refuse d’ouvrir la porte du Fort. Il continue le feu, l’embarcation est coulée et les deux hommes y laissent leur vie.

Au moment où “Le Glaneur” coulait et que les deux hommes criaient : « Au secours », le commandant a “hurlé” à intelligible voix : « Tant mieux, je la voulais par le fond ».

Un seul corps fut retrouvé à Pors Ki, celui de Yves Jourdren, 64 ans, né à Saint-Mathieu. Cette lamentable affaire n’eut aucune suite de la part des autorités civiles et militaires. La seule réponse du Sous-Préfet de Brest et du Ministre de la Guerre fut : « Les victimes de ces événements n’ont dû leur malheureux sort qu’à une obstination de ne pas vouloir se faire connaître de la batterie ».

A l’époque la France était en guerre avec l’Angleterre, et le dispositif militaire des Forts de la côte était renforcé, avec sans doute des consignes très strictes.

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