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Rapport sur les sondages effectués en juin 2008

sur le site de l'ancienne batterie côtière de Toul Logot en Plougonvelin (Finistère)
Autorisation 2008-24

Toul-Logot

SRA Bretagne RENNES
2008

 1 - Désignation du Site

Région : Bretagne
Département: Finistère
Commune: Plougonvelin
Cadastre: 1995. C.401.
Lieu dit: Toul al Logot
Numéro de site: 29 190 0022 Coordonnées Lambert :
x = 80194
y = 2395968
Programme 2006: 25 - 2006 25 Histoire des techniques, de la protohistoire au 18ème
Programme de rattachement: Bénévole

L’opération de sondage a été autorisée par arrêté 2008 - 242 du Préfet de la Région Bretagne en date du 22 mai 2008 (annexe 1).

Le responsable scientifique désigné est Monsieur Jean Yves EVEILLARD, Maitre de conférences d’histoire ancienne honoraire, résidant à Plougonvelin.

Le propriétaire du terrain : Conseil Général du Finistère a donné son accord pour l’exécution de ces fouilles par sondage.

Les sondages ont été effectués dans la période du 1er au 30 juin 2008 par des bénévoles de l’Association PHASE.

 2 - [Historique du site->art115

 3 - Travaux effectués

Un débroussaillage complet de la zone au sud du GR34, préalable aux fouilles, a permis la mise au jour d’un muret de pierres sèches limitant au nord la zone d’artillerie par une sorte de banquette ainsi qu’un second, à l’ouest du magasin à poudre, délimitant de ce côté la zone militaire proprement dite.

Il a également permis de retrouver, dans la pente vers la terrasse, un certain nombre de pierres taillées en forme incurvée provenant de la guérite implantée sur le chemin et qui ont du être déplacées lors de la création du GR 34.

Cette guérite pouvait être du type de celles qui existent par endroit sur la côte, par exemple au Conquet (annexe 5).

Parallèlement, dans les deux semaines qui ont précédé les fouilles, deux explorations des surfaces dégagées ont été effectuées avec un détecteur de métaux ; elles ont permis de découvrir à faible profondeur, sur la terrasse d’artillerie, divers éléments métalliques décrits ci après dans le paragraphe sur l’analyse des artefacts.

A partir du 3 juin cinq zones de sondages ont été successivement ouvertes, le schéma d’ensemble figure en annexe 6.

Le premier sondage - zones 1a et 1b (annexe 7) - part à angle droit du muret nord précité, sur 1,50 m. de large, en direction du parapet jusqu’au niveau de la terrasse d’artillerie. Il a permis de retrouver un premier niveau de circulation en pente douce vers l’est, en banquette le long du muret et un épaulement rocheux, également parallèle au muret, contre lequel était adossée la terrasse d’artillerie.

Plusieurs tessons de poterie ont été retrouvés dont, au bas de la pente au niveau d’origine, dans une sorte de cavité, un fond de vase datant de l’époque d’utilisation de la batterie (annexe 8).

Un deuxième sondage - zones 2a et 2b (annexe 9) - a été ensuite ouvert en partant du niveau de la terrasse d’artillerie vers l’ouest sur 1,50 m. de large, perpendiculairement à l’axe du magasin à poudre, à la recherche des traces du muret ouest de la terrasse. N’ayant rien trouvé après un déblaiement important, ce sondage a été poursuivi jusqu’au pied du magasin à poudre, en respectant toutefois le cheminement public sur une largeur d’1m. Ce sondage n’a pas non plus donné de résultat.

Plusieurs tessons de poterie ont été retrouvés dans la première partie de ce sondage ainsi qu’un boulet de mitraille d’une livre à proximité de la terrasse.

Ultérieurement ce sondage a été creusé plus profondément. Ceci a permis la découverte de la base d’un muret à l’emplacement figurant sur le plan de 1817. Ce point a été confirmé par un petit sondage - zone 2c (annexe 10) - le long du soubassement subsistant du muret du parapet qui a permis de retrouver l’angle de jonction entre le parapet et ce muret ouest.

Un troisième sondage - zones 3a, 3b et 3d (annexe 11) - a été décidé le long des cotés est et nord du magasin à poudre. Le but était de retrouver le soubassement des murs de l’extrémité nord du magasin à poudre. Plusieurs pierres plates taillées ont été retrouvées mais sans lien entre elles.

Ultérieurement un creusement plus profond n’a rien donné. Les pierres du soubassement, sans doute importantes, ont du être prélevées.

Au cours de ce sondage, dans la partie basse, de nombreux galets de petits calibres, beaucoup de coquilles de berniques ont été retrouvés ainsi que quelques tessons de poterie.
Ce sondage a été ensuite complété - zones 3c et 3f (annexe 12) - dans la partie sud autour des vestiges et à l’intérieur de la guérite ainsi qu’à l’intérieur du magasin à poudre jusqu’au niveau initial de circulation. Cette partie du sondage a été particulièrement instructive avec :

  •  la découverte d’une part importante de la base des murs de la guérite
  •  la mise au jour de la porte extérieure et d’une communication avec le magasin, cette dernière ne figurait pas sur les plans de 1817,
  •  la mise au jour du plan de circulation d’origine.

    Au cours des fouilles ont été découverts des fragments de ferrures de portes (gonds, loquet (?), barres .....) des tessons de poterie, des galets, des restes de grenades de la seconde guerre mondiale.

    Un quatrième sondage - zone 4 (annexe 13) - a été réalisé sur l’emplacement présumé du gril à rougir les boulets, tel qu’il figure sur le plan de 1817. La zone a été bouleversée vraisemblablement par les travaux d’aménagement du GR 34.
    Cependant, la continuité, altérée, du muret nord a été mise au jour ; des éléments de briques réfractaires ainsi que des restes de cendres ont été retrouvés mais aucune trace de soubassement. Il est fort probable que ce gril aisément démontable, suivant le plan type joint (annexe 14), et présentant un certain intérêt a été transféré et réutilisé.

    Un cinquième sondage - zone 5 (annexe 15) - a été effectué en continuité du premier en travers de la terrasse jusqu’au parapet pour retrouver le plan de circulation d’origine.
    Ce sondage a permis d’atteindre, sous la couche d’humus, le sol aménagé et empierré de la terrasse d’artillerie ainsi que l’affleurement rocheux.

    Ces travaux ont été réalisés sous l’égide de l’association PHASE de Plougonvelin par quatorze bénévoles sous la direction de Jean Yves EVEILLARD.

    Les services techniques de la mairie ont apporté leur concours pour l’enlèvement d’un très important volume de déchets végétaux et réalisé le soutènement provisoire de la voûte du magasin à poudre en fin de campagne.

    Le Conseil Général a assuré la mise en place d’une première lisse de sécurité permettant un accès partiel du site au public qui a ainsi pu suivre le développement des travaux.

    Le GR 34 très fréquenté, en particulier à cette époque de l’année, a ainsi généré un important volume de visiteurs (plus de 300) qui ont fait l’objet d’un accueil commenté, individuel ou collectif, de la part des intervenants du moment.

    Avant la fermeture du chantier, une réunion de synthèse a rassemblé sur le site, autour de l’équipe de fouilles, des représentants :

  •  du Conseil Général (Patrimoine et Espaces Naturels)
  •  de la Communauté de Commune du Pays d’Iroise (Actions culturelles)
  •  de la commune de Plougonvelin (Culture et Travaux)
  •  du Service Régional de l’Archéologie,
  •  de l’Association Valorisation du Patrimoine Militaire.

    La représentante du Conseil Général a exprimé sa satisfaction pour les travaux réalisés et confirmé l’intérêt d’une mise en valeur de ce site.
    Elle a souhaité que cette mise en valeur puisse s’effectuer dans un cadre plus vaste incluant d’autres sites tel celui de la batterie des Abers à Lanildut qui a récemment fait l’objet d’une première réhabilitation.

    A l’issue de la campagne, un relevé G.P.S de coordonnées de quelques points remarquables (annexe 16) ainsi qu’un relevé topographique général (annexe 17) ont été effectués

    Conclusion

    Au total, cette série de sondages, qu’il est tout à fait souhaitable de compléter en 2009, a apporté des informations intéressantes. Hormis les restes de mobilier qui évoquent la vie de la batterie, elle a surtout permis de retrouver les niveaux d’origine et des éléments disparus, comme le mur de clôture à l’ouest, ce qui facilitera grandement le dégagement complet du site et sa mise en valeur.

    Enfin elle a largement validé la qualité et la précision des plans établis par le Génie Royal en 1817.

     4 - Artefacts

    Comme cela vient de l’être mentionné à plusieurs reprises, un important volume d’éléments divers, trace des occupations ou des passages successifs, ont été récoltés tout au long des travaux de sondage :

  •  de nombreuses pierres de plusieurs calibres, certaines taillées, provenant des différentes constructions ; elles ont été stockées à l’est de la batterie (annexe 18), en vue des travaux ultérieurs de mise en valeur du site.
  •  un nombre important de galets de différents calibres, provenant de plusieurs lieux de sondage avec toutefois une plus forte concentration dans et autour du magasin à poudre. Ces galets ont manifestement été amenés des grèves environnantes (Porski en particulier), sans doute pour empierrer et drainer certaines zones mais peut-être aussi pour confectionner d’éventuels "paquets de mitrailles" pour suppléer aux manques de boulets comme cela se pratiquait au temps de VAUBAN.
  •  Une assez grande quantité de tessons de poterie parmi lesquels il faut distinguer d’une part, des fragments de vaisselle de la fin XIXe-début XXe siècle (marlis d’assiettes de Sarreguemines, de Quimper) et d’autre part, de nombreux tessons d’une céramique plus grossière à glaçure plombifère vert-jaune (jatte, vase ovoïde) (annexe 19), typique du XVIIIe siècle (expertise M.Le Goffic, A.Bardel, R.Perennec). Il est intéressant de noter que la même céramique à glaçure plombifère a été trouvée sur le site voisin (800m) du manoir de Kéledern. Sous réserve d’une enquête, qui reste à faire, il pourrait s’agir d’une production des ateliers de Lannilis.
  •  un petit boulet d’une livre (annexe 20) dont on sait qu’ils étaient utilisés en "grappes de raisins" ou "paquets de mitraille" selon un schéma figurant en annexe 21 ; ces paquets étaient tirés par des pièces de 18 livres comme il y en a de signalées pour Toul Logot dans les archives du XVIIIe siècle. Cette découverte est à rapprocher de celle faite il ya 20 ans dans les jardins du presbytère au centre de Plougonvelin.
  •  un bouton d’uniforme de garde-côte et une pièce métallique qui pourrait être un élément d’une boucle de ceinturon (annexe 22).
  •  une très grande quantité de coquilles de berniques en de nombreux endroits ; ces coquillages, récoltés sur les rochers proches au bas de la falaise où ils pullulent encore de nos jours, ont pu faire partie de l’alimentation des troupes lors des périodes d’activation de la batterie, les coquilles ont certainement servi de stabilisant pour les sols,
  •  de nombreux débris de pièces métalliques, particulièrement dans le sol du magasin à poudre - gond de portes, loquet (?), ferrures diverses - provenant éventuellement des huisseries de ce magasin (annexe 23),
  •  des ferrures de porte d’un possible abri pour des bêtes qui aurait été implanté sur la terrasse d’artillerie après la vente des terrains par les Domaines.

    ainsi que des pièces d’un passé nettement plus récent :

  •  des éléments de cerclage de boites de munitions, peut-être allemandes, attestant de l’utilisation du site pour l’entraînement des troupes locales d’occupation entre 1940 et 1944,
  •  des douilles d’armes de guerre allemandes et américaines ou françaises - fusil, fusil-mitrailleur, revolver ; ces douilles ont fait l’objet d’une étude précise d’identification par un collectionneur averti spécialiste du domaine (annexe 24),
  •  des débris de grenades défensives quadrillées américaines et françaises (annexe 25).

    Ces douilles et ces débris pourraient provenir d’armes récupérées au cours de combats proches ou plus lointains avec les forces alliées ou les maquisards et réutilisées au moins pour l’entraînement ; en effet il n’y a pas eu de combats sur ce site au moment de la libération.

     5 - Intervenants

    Sous la conduite de Jean Yves EVEILLARD, responsable scientifique, les travaux ont été réalisés par les membres de l’Association PHASE de Plougonvelin :

    Mesdames :
    Marie Louise CLOITRE
    Joëlle DAGORN
    Jocelyne LE GUEN
    Bernadette LE RU
    Messieurs :
    Yvon ALLAIN
    Louis BIZIEN
    Jean CHEVILLOTTE
    Henri CLOITRE
    Jean Pierre CLOCHON
    Robert LE GUEN
    Remi LE MARTRET
    Jean Pierre LUNVEN
    Pierrick NERZIC

    Au cours des travaux les équipes de fouilles ont reçu l’assistance de :

    Madame

  •  Françoise MARTIN-THOMERE des Services Techniques du Conseil Général du Finistère qui a inspecté le site en fin d’opération et fournis plusieurs éléments de perspectives ultérieures pour la mise en valeur du site

    Messieurs :

  •  Loïk KAIGRE intervenant privé, qui a effectué deux séances de recherches avec son détecteur de métaux.
  •  Jean Yves BESSELIEVRE de l’Association V.P.M., qui a effectué trois visites du site, fourni de nombreux documents recueillis dans les archives du Service Historique des Armées, fait part de son expérience et effectué le relevé G.P.S. des points remarquables.
  •  Jean Pierre BARDEL du Service Régional d’Archéologie de Rennes, qui a effectué trois visites d’inspection sur site fournissant de nombreux conseils, réalisant plusieurs analyses et un relevé topographique.
  •  Jacques CITOLEUX et Bernard JACQ des Services Techniques du Conseil Général du Finistère, venus sur site et qui assurent le "suivi propriétaire" des travaux et la conduite des actions de sécurisation du site
  •  Les personnels des Services Techniques de la Mairie de Plougonvelin, qui ont par deux fois évacué un important volume de broussailles et réalisé le soutènement provisoire de la voûte du magasin à poudre.
  •  Guillaume BIZIEN Instructeur à l’Ecole de Police de St Malo collectionneur averti, intervenant à titre privé, qui a effectué l’expertise des douilles de munitions trouvées sur site.
  •  M. LE GOFFIC, A. BARDEL, R. PERENNEC du Service Départemental d’Archéologie qui ont effectué l’expertise d’une partie des tessons de poteries trouvées sur site Que tous ces intervenants externes soient ici remerciés, leur présence et leurs actions ont soutenu les bénévoles dans leurs travaux et conforté leur motivation.

     6 - Perpectives ultérieures

    Tout d’abord, il est souhaitable d’organiser une nouvelle campagne en 2009. Il est important de compléter les sondages effectués en 2008 :

  •  le long du parapet pour retrouver la trace du muret du parement intérieur,
  •  dans la zone présumée du gril à rougir les boulets où les recherches doivent être approfondies pour tenter de retrouver la trace d’un éventuel soubassement.

    Par ailleurs, des sondages doivent être conduits dans la zone du corps de garde qui n’a pu être prospectée en 2008, faute de temps. La mise en valeur du site en vue de son ouverture au public fait l’objet d’une étude approfondie de la part du Conseil Général :

  •  un appel d’offre pour la préservation et la sécurisation des ruines existantes (corps de garde et magasin à poudre) a été lancé en janvier 2009 par le Service du Patrimoine, auprès d’architectes spécialisés dans ce type d’interventions. L’association PHASE a été sollicitée pour valider le cahier des charges et pour désigner un référent sur site.
  •  une sécurisation globale du site, par mise en place de lisses de sécurité, devrait être réalisée dans le premier semestre 2009 par le Service des Espaces Naturels et des Paysages. L’association PHASE sera partie prenante pour la définition du schéma d’implantation et lors de la réalisation.
  •  un projet de restauration de différents murets et de mise en place d’une signalétique appropriée doit être proposé par PHASE après la fin du programme de fouilles.

    Au-delà de ces actions locales, le Conseil Général souhaite que le projet de mise en valeur de Toul Logot s’inscrive dans un projet global incluant d’autres sites dont, en particulier, celui de la batterie des Abers à Lanildut. Dans cette perspective, le Conseil Général pourrait confier une mission d’étude et de coordination à l’Association VPM (Valorisation des Patrimoines Militaires) créée il y a trois ans par des chercheurs et des universitaires de l’ouest de la France et en particulier de l’Université de Bretagne Occidentale.

    Les associations locales concernées, dont PHASE, seraient alors parties prenantes à cette étude.

    Plougonvelin Le 30 avril 2009

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