Accueil

Plougonvelin, Histoire et Avenir, Souvenirs et Ecoute

 
Vous êtes ici : Publications de PHASE > Dans les Echos de Plougonvelin > L’histoire locale > Un outil préhistorique.

Bibliographie Plougonvelinoise
Mémoires plougonvelinoises
Ils ont marqué
la commune...

Histoire locale de Plougonvelin
Saint Haouen (Aouen)
Plougonvelin et la Révolution
Une chapelle disparue : la chapelle Saint Paul
Publications de PHASE
Les livres
Dans les Echos de Plougonvelin
Circuits pédestres
Sites remarquables sur Plougonvelin
Le fort de Bertheaume
Toul Logot
La pointe de Saint-Mathieu
Activités de la STEPP
Evénementiel
P.H.A.S.E.

Objectifs - Résumé des activités

Conférences - Expositions
Concours photos 2011
11 novembre 1918

Suivre le fil RSS de PHASE
Ligne Ligne

Version imprimable imprimante

Un outil préhistorique.

Découverte à Prat-Mélou au Conquet

L’époque est à la recherche des origines de l’homme et à la découverte des racines anciennes et récentes : les salles d’archives sont remplies de chercheurs curieux de leurs ancêtres, les cercles généalogiques prospèrent. Deux films documentaires récents : " L’odyssée de l’espèce " et " L’homo sapiens " ont eu chacun un pourcentage d’écoute flatteur.

Madame Bignens, qui habite à Prat-Mélou, au Conquet, a trouvé une pierre taillée qui, envoyée aux Services archéologiques départementaux pour examen, s’avéra comme un biface (bien que taillée que sur une seule face, elle en a l’allure générale et le même usage) de tradition acheuléenne, datée du paléolithique inférieure, la plus ancienne époque, C’est une plaquette de quartzite verte, ovale avec une extrémité pointue, taillé que d’un seul côté, ce qui le rend asymétrique.

On remarquera sur la gravure ci-jointe les éraflures d’un outil aratoire, (en blanc sur le dessin) qui ont permis de reconnaître sous la patine ocre la nature de la roche employée : une quartzite verte, peut-être provenant d’un gisement indiqué sur la carte géologique à proximité.
Un talon important facilite la préhension de cet outil, et probablement aussi une arme, qui n’était pas destiné à être emmanché, mais servi à la main. Cet outil est attribuable, selon Michel Le Goffic, l’archéologue départemental à l’Acheuléen, entre -500 000 et -300 000 ans.

Le nom vient de Saint-Acheul, dans la Somme, où ce faciès culturel caractérise une époque et un style d’outil : le biface, taillé sur les deux faces par un percuteur et daté du paléolithique inférieur. La pierre en question a une patine brun rougeâtre et des traces d’éolisation prononcée qui plaident en faveur d’un âge très ancien.
L’éolisation est due à un vent très violent chargé de sable et de poussières balayant une surface plane, qui lime et burine les galets qui jonchent le sol : ils prennent alors un aspect caractéristique de galets à facettes. Ce fut le sort de notre biface qui perdu ou abandonné fut exposé aux intempéries, lors des glaciations. La pierre taillée s’inscrit dans un parallélépipède rectangle de 13,4 cm x 7,2 cm x 4,3 cm et pèse 443 g.

Dans le Finistère où le silex, employé dans le mésolithique de Bertheaume, en petits éclats, est rare, ne se trouvant que parmi les galets de l’estran envoyés par les glaces flottantes aux époques des glaciations, les bifaces sont travaillés dans la roche en place : quartzite, grès, quartz ... La taille était faite par la frappe d’un percuteur dur, permettant de lever des éclats importants. C’est le cas. Pour lever de petits éclats sans écrasement, il était utilisé un percuteur doux tel qu’un bois dur, une corne de cervidé.

Le nombre de bifaces trouvés isolés le long des côtes, où se trouvait une nourriture de coquillages de ramassage facile, dans le Finistère, ne se compte que sur les doigts des deux mains : Tréguennec, (un jumeau de celui de Prat-Melou, même patine, même matériau, même talon important), Porspoder, (ramassé sur la plage du bourg en 1957 par le fils du docteur Gruet alors âgé de 6 ans !), Plouzané, L’Hôpital-Camfrout, Ploudalmézeau, Landéda, Guiler-sur-Goyen,... et Prat-Mélou au Conquet. Tous ces bifaces trouvés épars en dehors de tout contexte archéologique sont datés de la période acheuléenne, la division la plus ancienne du Paléolithique, l’oeuvre de L’Homo erectus.

Il y a environ 450.000 ans, les dates donnent le vertige, l’Homo erectus quittant l’Afrique de l’est, son berceau, vraisemblablement par le détroit de Gilbraltar, alors fermé, passe en Europe, et au gré des glaciations, reculant quand le froid se faisait plus vif, et avançant quand un réchauffement se faisait sentir, à la poursuite des troupeaux qu’il chassait. Eternel nomade à la poursuite de nourriture, il devait se répandre et peupler toute la terre ; Par l’évolution, il avait acquis la bipédie, le trait qui sépare l’homme du singe, Jacques Monod dans son ouvrage "Le hasard et la nécessité" écrit que, quand "A.D.N. mute, seules les mutations viables restent, sélectionnées par le milieu, selon leur valeur adaptative. C’est l’évolution. Il vivait en prédateur, de chasse et de cueillette.
Dans une grotte des Pyrénées Orientales, celle de Tautavel, il a été retrouvé le crâne de ce premier européen, dans une stratification qui a permis de le dater (-450 000 ans) et de constater que dans ce site il ne domestiquait pas encore le feu bien que dans d’autre abris sous roche ou cabanes contemporains des traces de foyer aient été reconnues, notamment dans les huttes avec foyers aménagés de Terra Amata, à Nice. C’est cette découverte qui le fit baptiser "l’homme de Tautavel
".

En histoire humaine on distingue l’âge de pierre par opposition à l’âge des métaux, L’âge de pierre se divise lui-même en Paléolithique ou âge de la pierre taillée et Néolithique celui de la pierre polie. Le Paléolithique, le plus ancien est dit, selon la période, inférieur, moyen, et supérieur.

En conclusion

"Le paléolithique ancien, période à la fouille généralement ingrate, mais combien exaltante du fait du vertige des millénaires reste le grand moment du biface, outil plutôt qu’arme, oeuvre d’un artisan conscient, peut-être déjà d’un artiste, avec le souci de la recherche de plus en plus de la finition et de l’élégance de la forme dans la pureté des symétries. D’un galet aux formes parfaites, l’Homme est déjà capable de passer à un autre objet aux formes également parfaites. Les prémisses de l’Art sont peut-être à chercher dans cette longue période du paléolithique ancien" [1]

Madame Bignens a fait don de cet objet au musée de Saint-Mathieu afin qu’il y soit conservé et exposé au public.

Pour en savoir plus :
Dans le n° CXV, 1986, de la Revue archéologique du Finistère l’article de Jean-Louis Monnier : "Le Paléolithique du Finistère : un état de la question". L’illustration comprend la représentation de la plupart des bifaces trouvés isolés le long des côtes.

Confié à PHASE par Yves Chevillotte.


[1] Jacques-Pierre Millotte, André Thévenin dans "Les racines des européens",-éditons Horvath,-l 988.

Creative Commons Attribution icon Creative Commons Noncommercial icon Creative Commons Share Alike icon Le document ci-dessus est la propriété de l'association PHASE. Les droits de ce document sont régis par une licence Creative Commons, et plus précisément les versions 1.0, 2.0, 2.5 (Paternité - Pas d'utilisation commerciale - Partage des conditions initiales à l'identique) de Creative Commons, plus connue sous le nom de « CC-BY-NC-SA ».

Ligne Ligne

Dans la même rubrique
L’ancien cadastre dit « Cadastre napoléonien » à Plougonvelin.

Mais où sont les romains à Plougonvelin ?

Toponymie nautique en baie de Bertheaume La Chèvre ou Le Chat ?

Une nouvelle stèle de l’âge du fer à Plougonvelin

L’appel du 18 juin 1940, le témoignage d’un Plougonvelinois

L’arrivée des Allemands à Plougonvelin en 1940

Hervé de Portzmoguer et Marie la Cordelière

P.H.A.S.E.