Accueil

Plougonvelin, Histoire et Avenir, Souvenirs et Ecoute

 
Vous êtes ici : Histoire locale de Plougonvelin > Plougonvelin et la Révolution > La constitution civile du clergé

Bibliographie Plougonvelinoise
Mémoires plougonvelinoises
Ils ont marqué
la commune...

Histoire locale de Plougonvelin
Saint Haouen (Aouen)
Plougonvelin et la Révolution
Une chapelle disparue : la chapelle Saint Paul
Publications de PHASE
Les livres
Dans les Echos de Plougonvelin
Circuits pédestres
Sites remarquables sur Plougonvelin
Le fort de Bertheaume
Toul Logot
La pointe de Saint-Mathieu
Activités de la STEPP
Evénementiel
P.H.A.S.E.

Objectifs - Résumé des activités

Conférences - Expositions
Concours photos 2011
11 novembre 1918

Suivre le fil RSS de PHASE
Ligne Ligne

Version imprimable imprimante

La constitution civile du clergé

Une des causes de la convocation des états généraux était la ruine des finances du royaume : ’la confiscation des biens du Clergé le 2 novembre 1789 conduit à une réforme globale de l’institution, qui, décidée, unilatéralement, entraîne des protestations, les protestations conduisent à l’imposition d’un serment de fidélité, et le serment au schisme’ : c’est un engrenage fatal. La contre-révolution, et sa féroce répression est bien plus religieuse que politique.

Le citoyen-général Canclaux, ex comte d’ancien régime, puis marquis et pair de France à la Restauration, qui commandait dans l’Ouest lors des premiers soulèvements en 1793, écrivait : ’200 000 hommes se sont soulevés en Bretagne parce qu’ils veulent rester catholiques et ne pas servir’.

La conscription rendue nécessaire par la guerre aux frontières était très impopulaire : c’est le fait générateur du soulèvement vendéen.

Le 12 Juillet 1790 l’Assemblée Constituante vota la constitution civile du clergé, promulguée par Louis XVI le 24 Août, qui devint ainsi la chartre de la nouvelle église.

Cette église est chrétienne, mais elle n’est plus catholique car elle n’a plus aucun lien organique avec Rome : ’le nouvel évêque, dit l’article 19, titre II, ne pourra s’adresser au pape pour en obtenir aucune confirmation’.

Aussi ne peut-on être étonné de sa condamnation papale.

  • Les circonscriptions territoriales sont regroupées et redéfinies.
  • Les évêques et curés sont élus par le corps électoral.
  • Le clergé est payé et bien payé par l’état : pour la question argent les Curés n’auront pas de raison de regretter l’ancien régime. La Constitution civile du clergé dura jusqu’au 18 septembre 1794, date à laquelle la République décida de ne plus reconnaître aucun culte ni d’en payer les salaires. C’est important car il n’y a plus donc d’église d’État, et par conséquent plus vraiment de raisons légales de persécuter les réfractaires ; cela aurait dû être la liberté des cultes, mais elle fut illusoire car accompagnée d’une campagne de déchristianisation et de déportation de prêtres.

Le 26 Février 1790  : création du département du Finistère, Chef lieu Quimper.

La carte du diocèse est calquée sur celle du département.

Le Finistère ressortissait de cinq anciens évêchés : essentiellement Cornouaille et Léon, et pour quelques paroisses de Vannes, Tréguier et Dol.

Seul le diocèse de Léon dont l’évêque est Monseigneur de la Marche est entièrement en Finistère. L’évêque de Cornouaille, Monseigneur Conen de Saint Luc étant décédé, il est décidé, pour la première fois en France, d’élire un évêque constitutionnel.

Le corps électoral départemental de 485 membres, à 2 degrés, dont seulement 8 prêtres, ’élit Monseigneur Louis Alexandre Expilly, en Octobre 1790. Il prêta serment en décembre, fut sacré en février 1791 par Talleyrand et installé en avril’.

Devenu fin 1791, administrateur du Finistère, il subit le même sort que ses collègues et mourut guillotiné à Brest en 1794, pour des raisons politiques et non religieuse. Après sa mort, le diocèse fut administré par le ’Presbytère’, qu’il avait mis en place.

Son successeur Monseigneur Audrein, élu à l’été 1798 fut assassiné par les chouans en novembre 1800’.

Le siège épiscopal de Quimper ne portait décidément pas chance...

Le 20 mai 1790 : la ville du Conquet devient chef- lieu de canton et le reste jusqu’à l’an VIII. Le canton du Conquet comprenait : les communes de PIougonvelin-Saint-Mathieu, le Conquet, celle de Trébabu, et les îles de Moléne et Ouessant.

En juillet 1791, au religieux, nouvelle circonscription de la paroisse de Plougonvelin qui comprend désormais la partie continentale du canton :

  • Plougonvelin-Saint-Mathieu,
  • Le Conquet
  • Trébabu. L’église paroissiale de cette grande paroisse est la chapelle Saint Christophe, vaste édifice puisque pouvant contenir 450 fidèles, située au-dessus du port du Conquet (démolie, menaçant ruines en 1850).

Les chapelles sont fermées, mais restent, très provisoirement ouvertes, ayant des desservants, mais pas pour longtemps, les églises de Plougonvelin et Lochrist.

L’abbé Quéré officie encore à Plougonvelin, l’abbé Marc vicaire au Conquet, à Saint Christophe, l’abbé Le Corre, curé constitutionnel à l’Église paroissiale du Conquet et de Lochrist, où est depuis toujours le presbytère du recteur de Plougonvelin ;

Qui est le curé constitutionnel ?

Aussitôt l’installation du citoyen évêque Expilly au siège épiscopal du Finistère, des élections aux cures furent organisées dans tous les districts à la mi-mars.

Les électeurs de Brest élisent Le Corre à la cure de Plougonvelin et presqu’en même temps les électeurs de Landerneau élisaient aussi Le Corre à la cure de Plouvorn.

Le Corre accepte d’abord Plouvorn, mais après une visite ’en ces lieux réfractaires’ dit-il, il revient sur son choix et demande PlougonvelinBrest l’a élu. Les paroissiens de Plouvorn, refusant un curé constitutionnel, il fallut 200 hommes de troupe pour installer Duroual qui fut élu peu après.

Jean-Pierre Le Corre, né en 1745, est prêtre en 1773. Aumônier de l’hôpital de Landerneau, il prêta le serment en janvier 1791. Il resta à Plougonvelin jusqu’à 1804 d’où il fut nommé recteur de Logona-Daoulas. Il y mourut le 11 janvier 1813.

Le 25 mai 1791, Le Corre écrit au district de Brest pour réclamer le traitement alloué aux curés des paroisses de plus de 3 000 âmes : 2 400 livres ; le nombre de fidèles est gonflé, car le recensement de 1800 ne dénombre que 2 458 habitants pour les 3 communes, une inexactitude intéressée.

Le 4 Juillet 1791, pour monter son ménage, il dispute, à Saint-Mathieu, aux feux des enchères, les dépouilles des moines : il y achète des chenêts, une table et 12 chaises paillées pour 7 livres.

Les certificats de civismes nous le décrivent ainsi : ’taille de 5 pieds 1 pouce (1m 68), cheveux gris, sourcils noirs, yeux roux, nez gros, bouche large, menton rond, front plat, visage rond’.

Le curé constitutionnel se plaint de ses vicaires

(Août 1791)

Jean Pierre Le Corre, prêtre assermenté est élu curé de la paroisse élargie de Plougonvelin, qui comprenait Plougonvelin, St Mathieu, Le Conquet et Trébabu. Il s’installe dans ses nouvelles fonctions dans le second trimestre 1791.

Le 14 juillet 1791, deuxième anniversaire de la prise de la Bastille, vers 8 heures du matin, dans l’église St Christophe du Conquet choisie comme église paroissiale, étaient réunies la Garde Nationale, les troupes du 39è régiment de ligne, pour assister à la messe dite par Le Corre, à la requête des officiers municipaux et à ’l’issue de laquelle il a prononcé un discours analogue aux circonstances et sur le développement du serment’.

C’est la consécration et l’installation solennelle de l’église constitutionnelle.

Le recteur en titre René Kermergant s’est retiré dans sa paroisse natale Plouarzel.

Yves Quéré, avec le départ du vicaire Morvan, élu curé de Plouzané, officie à l’église de Plougonvelin, non assermenté.

Jacques Le Gall et Guillaume Marc, vicaires non assermentés assurent plus ou moins le service paroissial à Lochrist et Le Conquet.

Dans la Constitution civile du clergé, le curé choisit ses vicaires, qui étaient, à condition d’être assermentés, rétribués, comme lui, par l’Etat.

Voici le rapport fait par Le Corre, et envoyé le 30 Août 1791 à la police des cultes sur l’état d’esprit de ses paroissiens, et ses difficultés avec les vicaires non assermentés trouvés sur place.

« Il est à la connaissance publique, qu’avant de prendre possession de la paroisse de Plougonvelin, à laquelle la Providence m’a appelé, j’ai fait aux prêtres de cet endroit les propositions les plus avantageuses et ils n’ont voulu rien accepter de ma part ; depuis ce temps ils m’ont abandonné, au point qu’il ne communiquent plus avec moi ; cette coalition quoiqu’ils disent, est formelle dans tout le département. Ils se sont contentés de dire la messe les dimanches et fêtes aux heures ordinaires à la vérité, mais le reste de la semaine ils la disent à leur commodité, et à cet égard je n’ai rien à leur reprocher ; je n’ai donc reçu aucun secours de ces messieurs, et je me suis vu obligé de besogner seul : l’ouvrage s’est cependant fait, au grand contentement de tout le monde.

De tous les sujets de plainte que je puisse avoir de ces réfractaires, leur désertion de l’église, leur obstination à ne pas vouloir assister à la grand’messe et aux vêpres est un exemple qui agit bien puissamment sur l’esprit du peuple simple et crédule ; ce moyen est adroitement imaginé et réussit merveilleusement à leur gré.

Cependant je ne puis m’en plaindre : la grande majorité de ma paroisse et de ma trêve se fait un vrai devoir d’assister à ma messe et aux instructions que je suis dans le cas de faire ; mon peuple est bon, doux, docile, laborieux, honnête, ami des vrais principes, et qui n’a besoin que d’être rappelé à son devoir pour ne s’en écarter jamais ; j’y mets tout le zèle dont je suis capable, et j’espère que ceux qu’on est parvenu de séduire et de tromper, comme partout ailleurs, par le plus absurde fanatisme ouvriront les yeux enfin à la lumière et reviendront bientôt de leurs erreurs : c’est une espérance qui me console dans les peines et fatigues que je suis journellement obligé d’essuyer.

Quoiqu’il en soit, je puis encore demeurer quelques mois comme je suis. J’attends du temps et des circonstances.

Pour ce qui regarde mes vicaires, je ne prendrai jamais que des prêtres assermentés et comme le nombre est malheureusement petit, j’attendrai jusqu’à l’ordination prochaine ; peut-être serais-je assez heureux pour obtenir quelqu’un.

Au surplus, messieurs, dans le cas d’une nécessité pressante, j’aurais recours à vous et j’ose me flatter d’avance que vous entérinerez ma requête qui sera juste et raisonnable.

Je vous prie, messieurs, de refuser tout traitement aux prêtres de Plougonvelin, de Lochrist et du Conquet, qu’au préalable ils ne fassent le serment civique et qu’ils vous produisent une lettre de vicariat signée de ma part.

Ce faisant vous obligerez celui qui est avec le plus profond respect... »

La situation devait très rapidement se dégrader : les vicaires s’évanouirent dans la nature, la population devint hostile : Le Corre resta tout seul dans sa grande paroisse. En 1795, il eut un vicaire assermenté, pour l’aider Jacques Claude Léaustic, né à Plougonvelin.

Yves Chevillotte

Ligne Ligne

Dans la même rubrique
Bicentenaire de la Révolution française (1789 - 1989)

Procès verbal d’assemblée de la paroisse de Plougonvelin

Election des députés du tiers-état, de la noblesse et du clergé aux états généraux

Demandes et doléances des paroisses de Plougonvelin et Saint-Mathieu

Les paroisses de Plougonvelin et Saint-Mathieu au temps des cahiers de doléances (1789)

Le clergé de Plougonvelin en 1790

Ce qui arriva à l’arbre de la Liberté de Plougonvelin

La Révolution dans la mémoire populaire

La Restauration

Sources utilisées et citées.

P.H.A.S.E.