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Les cafés de la route du Trez-Hir

- Chez Mado
- Le Café du Pêcheur
- Le café Gélébart, 72, rue St Yves

Des deux cafés, tenus l’un et l’autre pendant plusieurs décennies du vingtième siècle par Madame Gouriou et Madame Hall, seul subsiste le second aujourd’hui appelé "Le Pêcheur". Yvette Le Hir y perpétue l’accueil qui fait le charme de nos bistrots Plougonvelinois.

Chez Mado

Jean-Marie Gouriou et Marie-Josèphe Perrot se sont mariés le 27 novembre 1901. En 1906 ils font construire leur maison, actuel numéro 14 rue Saint-Yves et y créent un commerce : débit de boissons, épicerie et échoppe de cordonnier.
Jean-Marie décède le 13 novembre 1909, son épouse continue son activité de commerçante tout en élevant son fils Jean. Marie-Josèphe abandonne l’échoppe de cordonnier, mais complète le café en ouvrant un restaurant.
« Ma mère, Mado, était originaire de Carhaix, nous dit Joëlle. Orpheline, elle était venue travailler à l’Hôtel des Bains au Trez-Hir, l’établissement était alors tenu par M. et Mme Postollec dont les anciens de Plougonvelin se souviennent encore. C’est ainsi qu’elle a fait la connaissance de mon père, Jean Gouriou, "P’tit Jean", pour tous. En 1948 ils sont devenus propriétaires du bar devenu "Chez Mado". Mon père décède en 1957 et ma mère continue seule l’exploitation jusqu’en 1989.

En plus du bistrot il y avait aussi un dépôt de journaux, la "Dépêche" _ rebaptisée le "Télégramme" après la guerre. Le livreur les déposait dans une caissette près de la porte du café. Certains "lève-tôt" venaient se servir avant l’ouverture et réglaient ensuite une fois par semaine. D’autres attendaient l’ouverture pour récupérer leur quotidien.
Pendant de nombreuses années l’arrêt des cars Brest-Le Conquet se faisait chez Petton, à peu près à l’endroit actuel de la Poste, puis c’est "Chez Mado" que la station s’est installée, le bar n’existe plus mais l’arrêt se fait toujours au même endroit. Elle vendait les tickets pour le trajet, de nos jours le chauffeur s’en occupe.

La clientèle du bar, fidèle et attitrée, était surtout faite de retraités. "Chez Mado" était souvent le siège de concours de pétanque, Yves Hall se chargeait d’organiser les choses sur le petit terrain carré d’Henri Quéméner qui jouxtait le café. Les jeux pouvaient même se dérouler en soirée et dans ce cas le terrain était illuminé, les "nocturnes" ne datent pas d’hier à Plougonvelin !

Jour de concours de boules chez Mado (1980).

Beaucoup de chasseurs déposaient leur gibier chez nous, Amédée les andouilles de sa fabrication, des petits jardiniers leurs légumes, Stanis des crabes, du poisson, des crevettes, tout ceci pour la vente aux particuliers, ce "petit" commerce créait une ambiance toute particulière empreinte de convivialité.

A la Saint Jean, il n’était pas rare de voir une douzaine de prénommés Jean dans le bistrot, le patron portant lui-même ce prénom, cette fête était un événement !

L’établissement était également un restaurant journalier mais, sur commande, on y servait aussi des repas, dans l’arrière salle, pour des messes anniversaires et autres repas de famille ou de groupes…

Du fait de toutes ces activités le bistrot était ouvert tous les jours mais la fermeture se faisait impérativement à 19 h 30.

Confié à PHASE par Joëlle et Stanis Le Lay et Yvette Gouriou.

Le Café du Pêcheur

Ce café occupe une maison qui a d’abord été la propriété de Michel Richard, puis de son gendre M. Salaun, elle l’est encore de cette même famille. Le bistrot était tenu par les locataires, les deux soeurs L’Hour dans les années 1930-35.

Puis, Soizic Colleau, Mme Hall, née en 1909, a pris la suite de 1936 à 1976. En plus du bar, elle y tenait une alimentation générale puis un restaurant. Ce fût alors une réelle commodité pour les ouvriers de M. Uséo, entrepreneur en bâtiment. L’établissement était ouvert du lundi matin au dimanche soir. A partir de 1950 le "taxi" a complété l’activité.

Marie-Ange, son oncle religieux Jean Colleau et Mme Hall.

Le bar possédait une licence de 4ème catégorie, toutes les boissons alcoolisées y étaient donc servies. Le restaurant attirait, en semaine, une clientèle "ouvrière" mais, le dimanche, l’afflux des familles et des touristes surtout nécessitait deux à trois servicesd’une centaine de couverts en tout.
Le dimanche, après une messe anniversaire de décès, un repas rassemblait les familles. C’était souvent un ragoût pour 30 à 40 personnes. D’abord aidée par sa fille Marie-Ange, Mme Hall a eu recours, par la suite, au personnel salarié.
A l’occasion de la fête patronale, l’animation engendrée par la présence des manèges et des stands variés, voyait le chiffre d’affaire des commerçants locaux croître de façon conséquente.
Lors de la Saint-Jean, un bal était organisé près de la chapelle dédiée l’Apôtre. A l’accordéon, Jobic André créait une belle ambiance, chaque année un des bistrotiers de la commune était tenu d’être présent pour assurer le service du bar pendant toute la soirée.

Au cours de ces quarante années bien des anecdotes ont émaillé la vie du bistrot. La période de guerre rendait difficile l’approvisionnement en vin, il fallait souvent faire la queue chez le grossiste Raguénès, au Conquet. Guerre ou paix, les mauvais payeurs ont toujours été connus « Je bois, tu marques » est leur devise permanente… Il est facile de "marquer" mais se faire payer est souvent une autre histoire.

La sortie d’une nouvelle bière, dans les années 1965-1970, a décidé de l’appellation de l’établissement : "Le Pêcheur". Un joyeux luron, bière à la main, à cheval sur un tonneau en était l’emblème publicitaire. Au préalable, "Chez Mme Hall", désignait simplement l’établissement.

Les souvenirs de la période d’occupation mêlent parfois la crainte à la cocasserie. Les Allemands aimaient savourer le foie de veau arrosé de vinaigre, accompagné d’une belle platée de frites. Un jour, alors qu’ils venaient d’être servis, les soldats n’arrêtaient pas de marmonner : « Nicht gut, nicht gut ». Ne comprenant pas ce qui se passait Mme Hall s’interrogeait. Son erreur lui est vite apparue : elle s’était trompée de bouteille en arrosant le foie de veau avec de l’alcool à brûler…et non avec du vinaigre. Excuses faites tout est rentré dans l’ordre… sans conséquences fâcheuses. Ouf !
Une autre fois, alors qu’elle venait de fermer son bistrot, des Allemands, passablement éméchés, vinrent tambouriner à la porte. Sur leur insistance, elle dut ouvrir. Aussitôt entrés une bagarre générale éclata entre eux : les tables, chaises, verres furent projetés dans toutes les directions, jusque sur la rue. Les gendarmes passant par là Mme Hall les interpella. L’ordre revenu ceux-ci lui conseillèrent de déposer une plainte à la Kommandantur, au Trez-Hir. Le lendemain, elle était convoquée afin de reconnaître les casseurs. Elle repéra les fautifs dans une rangée de soldats alignés au garde à vous. Mutés, les coupables n’eurent plus l’occasion de sévir à Plougonvelin.

Confié à Phase par Marie-Ange Bouchet. (13/11/06)

M et Mme Grinsard ont succédé à Mme Hall en juillet 1976 et ont tenu l’établissement jusqu’au 31 décembre 1983. Entre temps, la maison avait officialisé son appellation : "Le Pêcheur".

Yvette, qui nous accueille aujourd’hui, a été leur collaboratrice de 1977 à 1983 et a pris leur succession le 1er janvier 1984, entreprise où le bar, le restaurant, le taxi laissent peu de place aux loisirs.
Dans le pays quand on dit : « Chez Yvette », chacun sait de qui on parle, tout le monde connaît cet endroit sympathique où les joyeuses conversations se mêlent à la bonne odeur de cuisine familiale. On s’y sent à l’aise, les habitués ont leur table "fétiche".
Les adhérents de l’A.P.A.B. (Association des Plaisanciers de l’Anse de Bertheaume) y sont aussi un peu chez eux car Yvette les connaît tous et participe activement à leurs activités.
« Je me souviens, me dit-elle, du temps où je faisais le taxi pour convoyer les enfants de l’école maternelle du Sacré-Coeur à la cantine, place du Général de Gaulle. Le premier voyage se faisait à 11 h 45, avant l’arrivée de mes clients au restaurant et le retour à l’école à midi et demie, à l’heure du "coup de feu". Ces jours là, mieux valait ne pas prévoir les frites au menu !

Depuis quelques années mon frère Eugène détient la licence "taxi" ». Levée très tôt, Yvette s’adonne à son footing matinal, en compagnie de son chien, pour ensuite se mettre à ses fourneaux afi n d’accueillir au mieux ses clients devenus, pour beaucoup, ses amis. Dans la soirée une autre escapade dans la nature et à nouveau le bar l’attend pour quelques heures où, cette fois plus détendue, elle écoute d’une oreille discrète les échos de la région.
« – Sais-tu que tu es là depuis un bail ? lui dis-je. Tu fêteras bientôt ton quart de siècle dans cette maison !
– Oui, en effet, je n’y avais pas pensé ! Le temps passe vite !
– Bon courage, Yvette, et merci pour ton accueil ! »

Confié à Phase par Yvette Le Hir (04/04/08).
Enquête et mise en forme B. Le Ru, H. Cloître et Y. Allain

Le café Gélébart, 72, rue St Yves

Dans notre enquête sur les bistrots de Plougonvelin, un appel a été lancé au sujet de la maison sise au 72 rue St Yves. Jeanine, la petite-fille des bâtisseurs, nous a aussitôt contactés, écoutons-la :

« Allo ! Moi, je sais !  _Cette maison appartenait à mes grands-parents. Elle fut construite par eux vers 1937-1938. Ils s’appelaient François Gélébart et Jeanne Raguénès. Mon grand-père était artisan maçon.

Jusque là, Jeanne et François tenaient un petit restaurant au Trez-Hir, dans la ruelle qui mène aujourd’hui à la maison de retraite. Pendant que François était sur ses chantiers, Jeanne y servait, non seulement les ouvriers de passage, mais aussi des repas de noce.

Vers 1937, ils décidèrent de construire une nouvelle maison, celle que nous voyons aujourd’hui au 72, rue St Yves et y installèrent une alimentation et un débit de boisson. Au rez-de-chaussée, une grande cheminée réchauffait la clientèle les soirs d’hiver. Derrière, dans la cour, un potager produisait les légumes et un puits alimentait en eau tous les gens du voisinage. Il y eut même une vache quelques temps.

Après la guerre, vers 1945, un de mes oncles, Martin, accompagné de son épouse Charlotte, prit la suite de ses parents. Martin, dont tout le monde à le souvenir, était maçon comme son père et a participé activement à la reconstruction de beaucoup de maisons de Plougonvelin après la libération du pays en 1944. Charlotte tenait le commerce.

Devant la maison, le long de la façade, sur un trottoir qui a été préservé, quelques chaises et tables de couleur, invitaient les passants à une petite pause au sommet de la côte… « Au Repos de la côte », se souvient un témoin.

L’été la petite alimentation était fréquentée aussi par les Brestois qui venaient passer la journée à la plage de Bertheaume. A cette époque, c’était le chemin le plus court pour s’y rendre. Je crois même que les cars s’arrêtaient devant la maison. Le soir, après la plage, il fallait rendre les bouteilles consignées et tout cela faisait un va-et-vient fort sympathique.

Ceci dura jusqu’en 1958, date du règlement de la succession de mes grands-parents. La maison a été vendue à des particuliers qui ont su la retaper en lui gardant le style qu’elle a toujours eu. »

Pour nous, gens de Plougonvelin, c’est avec nostalgie, que nous aimerions, à nouveau, déposer, sur le trottoir, quelques chaises pliantes vertes ou bleues, pour revivre ne serait-ce qu’un instant, un peu de notre passé.

Propos de Jeanine Garçon, recueillis le 05-02-2009 par Bernadette Le Ru, pour P.H.AS.E.

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