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Le manteau de Jonas

Attention, ceci n’est pas de l’histoire, même si le cadre peut en paraître historique. C’est UNE histoire, librement imaginée.
A chacun donc, s’il le souhaite, de reconnaître le moment où il quitte la grand-route du réel pour les sentiers – boueux ou fleuris – de l’imaginaire.

Les premiers marins qui se sont aventurés hors de la Méditerranée, « berceau des civilisations » étaient des Phéniciens de la colonie tyrienne de Carthage. Après avoir franchi le détroit de Gibraltar (qui ne s’appelait pas encore comme ça, ni même les Colonnes d’Hercule !), on peut tourner soit à gauche, le long des côtes d’Afrique, soit à droite, vers des régions de plus en plus froides, de plus en plus noyées de brume : L’Europe du Nord.

Pour sa part, Hannon, marin carthaginois, certainement très habile et courageux, tourna à gauche. Il nous a laissé un saisissant récit de son périple, qui le mena au moins jusqu’au Sénégal, et peut-être jusqu’à l’embouchure du Niger. A peu près à la même époque c’est-à-dire environ 600 ans avant notre ère, Himilcon, autre marin de Carthage, avait choisi de tourner à droite, vers le nord. De ce qu’il vit et explora, hélas, on ne sait pas grand-chose, sinon qu’il dépassa sûrement la pointe de Bretagne actuelle, et alla barboter dans les eaux froides de la mer du Nord !

Hannon et Himilcon étaient des pionniers. Ils ont ouvert pour les marchands de Carthage deux voies commerciales qui ont contribué à la fortune de la ville. Pour les exploiter Carthage fonda dans le détroit une colonie, la très riche escale de Tarsis, dont il ne reste aucune trace, mais qui devait se trouver non loin de l’actuelle Cadix. _ A Tarsis s’entassaient les marchandises en provenance de tous les mondes : par exemple le nord de l’Europe fournissait l’ambre gris, l’ambre jaune ou succin, de l’or, de l’étain ... ainsi que des esclaves, aussi forts que beaux (“d’ailleurs c’étaient nos ancêtres !”) . Et il y eut aussi pendant quelque temps dans les bazars et les arrière-boutiques de Tarsis le manteau de Jonas  ! Vous allez voir comment.

Nous sommes maintenant en Palestine.

Jonas, fils d’Amitaï était un jeune homme simple et sans vertu particulière, un hébreu de Palestine dont ne sait ni la tribu ni le lieu de résidence. Tout ce qu’on peut présumer, c’est qu’il était coléreux et obstiné ! Si vous voulez vérifier ce que je dis, allez donc voir dans la Bible : L’histoire de Jonas y est narrée tout au long. Ca ne dépasse pas trois pages, et ça se lit facilement. Mais ici on ne va pas tout vous raconter : seules nous intéressent ses mésaventures sur mer !

Une nuit, Jonas qui donnait à poings fermés fut réveillé par un envoyé du Seigneur :
« Jonas ! Jonas ! »
« Hmmm ... Ouiii ? »
« Jonas, lève-toi. Habille-toi. Prépare un petit bagage, pour un long voyage » Jonas se leva, fit en ronchonnant ce qui lui était prescrit, et s’enveloppa dans un grand manteau de laine rouge
« Et maintenant ? »
« Maintenant, va à Ninive, la grande ville ... »

Jonas s’étrangla :
« A NINIVE ? Vous avez dit Ninive ? »
« A Ninive. Tu vas parcourir la ville. Tu iras sur toutes les places, Tu proclameras que si dans trois jours ils ne se convertissent pas, toute leur ville sera détruite ! »

Jonas savait qu’il n’y avait pas à discuter. Il prit son petit déjeuner, embrassa sa mère, son père AmitaÏ, et partit. Enfin, il fit semblant : Ninive, c’était très loin, à droite en sortant. Jonas, lui, fila très loin, à gauche en sortant, le plus loin possible de Ninive. Et du regard de Iahveh ...

Il arriva comme ça aux bords de la Méditerranée, gagna un grand port où il y avait de nombreux bateaux, pour toutes les destinations du monde connu. Jonas fit affaire avec le capitaine d’une grosse barque phénicienne en partance pour Tarsis, exactement à l’autre bout de la mer. Il paya d’avance, embarqua, et vogue la galère ! Arrivedersi la Palestine !

Jonas, avec son fichu caractère, se mit vite à dos tout l’équipage et aussi le capitaine. Bientôt les tempêtes commencèrent à s’enchainer l’une derrière l’autre, les dangers, les accidents de mer, les catastrophes ne cessèrent pas. Bien sûr, pour les matelots, recrutés dans tous les ports du pourtour méditerranéen, tout ça c’est la faute à ce passager blotti au fond de la cale où il a l’air de se cacher, et qui ne daigne même pas participer aux sacrifices que nous faisons à tous les dieux de toutes nos cités. Quand Jonas eut avoué que lui-même était en train de fuir la colère de son dieu, il n’y eut plus de doute. On alla le tirer de la cale et on le jeta par dessus bord, en offrande à tous les dieux qu’il avait offensés ! D’un coup, la mer se calma. Et c’était fini pour Jonas.

Enfin, pas tout à fait fini. Vous savez la suite : Le gros poisson qui le ramène en trois jours sur une grève de Palestine. Le doigt du Seigneur toujours aussi impérieux : « Jonas ! NINIVE ! ». Les déconvenues du prophète, incorrigible coléreux, dans la Grande Ville.

Ses remontrances envers le Seigneur, qu’il trouve scandaleusement indulgent. Et, pour couronner le tout, le coup du térébinthe qui tantôt a des feuilles et tantôt n’en a pas ! Si vous ne vous rappelez plus, allez voir tout çà dans la Bible !

Mais je m’égare, revenons à notre bateau phénicien.

La mer s’étant soudain calmée, le porteur de mauvais sort balancé par dessus bord, tout se mit à bien aller, très bien même, et le bateau arriva à Tarsis sans autre malheur.
Toutefois il restait à bord le bagage de Jonas, et notamment son grand manteau de laine rouge. Le capitaine avait pensé à se l’approprier, mais il eut peur qu’un mauvais sort y reste attaché et préféra le vendre à très bon marché d’ailleurs, au bazar de Tarsis.
Ce manteau traîna quelque temps d’une boutique à une autre puis finit, quand on eut perdu tout souvenir de son origine, par trouver un acquéreur ... et il partit pour le Grand Nord sur les épaules d’un maître de barque tarsiote qui faisait commerce d’ambre et d’étain avec la région proche de la mer gelée. Il n’y arriva jamais !

La barque de Tarsis alla à son tour de malheur en malheur : prise dans les remous, les courants, les écueils et les vents de la pointe extrême de la Terre, qu’on appellera plus tard Gobée, et bien plus tard encore Saint-Mathieu, elle se disloqua dans les rochers, entre les Rospects et Créachmeur, et disparut sans laisser de trace.

Bientôt il ne subsista plus que le manteau de Jonas, sorte de loque rouge gorgée d’eau, tantôt échouée sur les rochers au pied de Bertheaume, tantôt flottant entre deux eaux, au fil de la marée, entre Bertheaume et Le Chat. Elle y est toujours. Elle a sans doute, depuis deux mille cinq cents ans, perdu toute sa charge maléfique, mais si vous m’en croyez, ne la prenez pas à votre bord si par hasard vous crochez dedans. Laissez la filer ; peut-être s’éloignera-t-elle d’elle même ... quoiqu’il y ait peu de chances qu’elle trouve un jour le chemin de Ninive, et moins encore les épaules de Jonas !

Confié à PHASE par G. V.

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